Les ateliers « Billes en tête »

de Valérie Dubach
  1. Le dernier atelier « Billes en tête » du 13 septembre fut riche et dense.

Thème : l’artisanat

Petit résumé étymologique tiré du « Dictionnaire des racines des langues européennes » (Larousse)

La racine –ar est reliée à

I. La jointure, l’attelage

a.  En sanskrit le bras, en Grec la jointure, l’attelage.

Ce qui a trait au bras comme armes, armillae, bracelet en latin, armentum, gros bétail qu’on attelle, mais aussi orteil, arteil, jointure, d’où articuler, article.

b. En français –ar appliqué au cheval : armure, armée. Idem en Anglais

c. En allemand, Arm c’est le bras, Armel le manche. Art : espèce, manière, artif : gentil

II. En grec, idée d’arrangement

Ar-ithmos : nombre, mais aussi ajuster, plaire, vertu,

Ar-ristos : excellent, Harmonia : harmonie

                Du latin : -avec le suffixe –tis : façon d’être, artos savant, arti habile, artil engin

Puis nous avons bien sûr artiste, artifice, mais iners : inerte, paresseux et rite, rituel

En espagnol et italien, arte : ruse mais aussi artisan artesano et artigiano.

En Italie solerte : soigneux, arto : étroit

Le mot artisan vient de l’italien.

En anglais art-full : rusé et art-less : naïf.

Extraits littéraires :

Georges Navel, « La liberté sous les ongles » dans la revue Ballast

« Mon but dans la vie était en somme impossible, c’était d’arriver à l’enchantement. J’appartiens à une couche sociale qui n’a rien dit, et mon rôle dans la vie sera de fleurir, de dire. » Georges Navel

Dernier-né d’une grande fratrie de onze dans une famille d’ouvriers-paysans lorrains, Georges Navel rejoint à 12 ans les ateliers d’usine et fréquente très jeune les milieux libertaires et les causeries populaires à Lyon où sa famille est évacuée en 1915. Autodidacte reste le maître-mot pour caractériser celui que rien ne prédisposait à écrire.

« Si le prolétaire est l’homme qui, ne possédant rien, loue son travail, il existe encore une classe en dessous même au paradis de l’avenir : c’est l’homme qui ne peut plus rien louer. » Comme pour d’autres auteurs, l’image du trimardeur a évolué : l’activiste devient écrivain et le trimard une utopie poétique autant que politique.

« Je me suis dit que j’allais devenir attentif à ce que je faisais. Je voulais trouver un accord dans le réel. Le maniement de l’attention intérieure retournée sur l’outil, sur la pelle, sur la pioche, m’ont permis de découvrir un merveilleux moyen d’illumination. »

« C’est de la présence de ces gestes ménagers que je tirais songes ou réflexion »